mercredi 29 mai 2019

" Se payer une danseuse" : ballerines (partie :1)

 Au XIXème siècle, l’opéra était d’abord un lieu de représentation sociale pour la "bourgeoisie triomphante", une société dominée par les hommes, où la femme se divisait en deux camps :
- L’épouse mère de famille, féconde mais frigide, par désignation inapte au sexe   
- La courtisane libre de mœurs, sensuelle et libertine, par vocation inapte au mariage.
 Pendant une bonne partie de ce siècle, l'Opéra (de Paris ) accueillait un public exclusivement masculin qui allait chercher de quoi se divertir ( mais pas seulement par le biais des spectacles ! ), le lieu assurait d'y faire des rencontres galantes grâce aux jeunes comédiennes, danseuses etc...

 Source : petite danseuse de 14 ans ou grande danseuse habillée -1865/1881 par Degas (1834/1917)

Les abonnés, reconnaissables à leur habit noir et leur chapeau haut de forme, avaient le privilège de pouvoir pénétrer dans les coulisses, les observer dans leur intimité et faire leur choix… 
Ils pouvaient alors, comme le montrent les oeuvres de Degas ou Béraud approcher les demoiselles de l'Opéra plus connues sous le nom de "rats". 

 Sources : Jean Béraud les coulisses de l'opéra, 1889.

Ces dernières étaient le plus souvent issues d'un milieu modeste, désargentées, défavorisées, souvent illettrées, inscrites à " l'Ecole de danse" par leurs mères, souvent sans scrupule, qui rêvaient d'un sort meilleur pour leurs filles, prêtes à les "vendre" aux messieurs les plus offrants.

 Source : Degas 1877
Se transformant en "véritables maquerelles", certaines n'hésitaient pas à imposer à leurs filles un amant laid, âgé mais riche!

Bien souvent, pour sortir de cette misère, il ne restait à la danseuse que la séduction et la ruse : 
- Chercher un riche protecteur.
- Plaire aussi  au maître de ballet qui décidera de ses pas et de son avancement, à l'inspecteur de la danse, au librettiste qui lui donnera un rôle dans le prochain ballet, enfin au directeur qui renouvellera son contrat !

Alors que beaucoup d'entre elles se contentaient d’effectuer des passes, certaines, les plus convoitées, devenaient des maîtresses attitrées de messieurs de la haute société qui leur offrait un véritable contrat de location, quelquefois signé devant notaire (transaction comprenant généralement un pot-de-vin initial, une rente mensuelle atteignant des centaines, voire des milliers de livres, le prix de l'installation de la fille, quelquefois le paiement de ses dettes, sans oublier les bijoux...)

C’est de ces dépenses d’entretien de leur maîtresse danseuse que vient l'expression  " se payer une danseuse. "


Sources : 





 

vendredi 3 mai 2019

Le Parc aux Cerfs, Achille Deveria

Versailles connaissait un développement important (vers 1750) on remplaça les champs par des places, des avenues, des jardins. 
Le quartier ainsi crée garda l’ancienne dénomination des lieux : le Parc aux Cerfs.

Le pavillon du Parc-aux-Cerfs, fut le lieu de toutes les rencontres entre Louis XV et les femmes, sous le contrôle de la marquise de Pompadour qui entretenait de jeunes femmes pour satisfaire la concupiscence du monarque pour ne pas perdre ses droits de maîtresse en titre.

Pour être sûre de continuer à garder son emprise sur le roi et rester sa favorite ne pouvant plus satisfaire sa sensualité exacerbée et pour éviter d'être évincée par une rivale potentielle (ce qui fut sa hantise jusqu'à la fin de sa vie), La Pompadour se chargea de lui organiser de galantes et sensuelles rencontres,  qui lui étaient présentées.
Si le roi les trouvait à son gré, La Pompadour les introduisait dans ses petits appartements. 


Face au développement grandissant de la vérole, la prostitution allant bon train dans les hôtels particuliers de Paris et de Versailles, redoutant, avant tout les maladies, fuyant aussi les femmes de la cour, le roi souhaitait de jeunes partenaires, de plus en plus jeunes et les plus "neuves" possible. 

Elles étaient "recrutées" parmi les familles de la petite bourgeoisie, éduquées, entretenues, toutes étaient examinées par un médecin avant d’être menées dans la chambre du Roi, par Madame de Pompadour.

Le Parc aux Cerfs ( sous la Monarchie) et le Quartier Saint-Louis ( depuis La République) sont les noms qui ont été donnés au même quartier de Versailles.

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LE PARC AUX CERFS- 1790.
Planches érotiques Losfeld Clandestin, illustrées par Achille DEVERIA.
Propagande anti- royaliste, pamphlet contre La Pompadour et Louis XV.